Le mythe d’Arès, dieu de la colère et de la guerre

Le mythe d’Arès nous parle d’un personnage complexe, avec de nombreuses nuances dans son caractère. Si son rôle de dieu de la guerre est remarquable, il a aussi aimé et souffert. Il n’était pas invulnérable dans sa tâche, car il y a plusieurs épisodes/récits dans lesquels il est vaincu.

Il convient de noter que le mythe d’Arès était beaucoup plus important à Rome qu’en Grèce même. Les Romains, un peuple guerrier et expansionniste, voyaient en cette divinité l’un de leurs grands guides. Ils lui donnèrent le nom de Mars et en son honneur, le “Champ de Mars” fut créé et le troisième mois de l’année fut baptisé “Mars”.

L’origine du mythe d’Arès

La version traditionnelle dit qu’Arès était le fils de Zeus et de sa femme Hera. Par conséquent, il était aussi un dieu et un immortel. Une autre version raconte que, furieuse des multiples infidélités de son mari, Héra alla chercher du réconfort dans le temple de Chloris, la déesse des fleurs.

Chloris a vu Héra en détresse et lui a demandé de prendre une belle fleur. La femme de Zeus était fascinée par l’énorme beauté de la plante. Elle l’a ensuite placé sur ses genoux et Ares est né. Quoi qu’il en soit, la vérité est que le mythe d’Arès souligne que ce personnage a été rejeté par tous les dieux, y compris son père et sa mère.

Mars était le dieu de la guerre, mais aussi de la colère et de la destruction. Partout où il est allé, il a laissé des calamités dans son sillage. Il était assoiffé de sang et c’est pourquoi il déclenchait des conflits dès qu’il le pouvait. Il est également associé aux maladies et aux épidémies.

Les facettes d’Ares

Le mythe d’Arès n’est pas le seul qui parle d’une divinité associée à la guerre. La demi-sœur de ce dieu, Athéna, régnait aussi sur ces terres. Cependant, elle a mené les guerres stratégiques. Ares, quant à lui, s’occupait des batailles les plus féroces. L’horreur, la violence sans limite et la brutalité au combat étaient son élément.

Cependant, le dieu Arès est également associé au courage, à la force, au dynamisme et à la vitalité. Il était le protecteur de l’Olympe des dieux et de toutes les armées. Il a également protégé les chefs rebelles et les hommes justes. Il était également le dieu de la virilité masculine, comme en témoignent ses plus de 30 amants.

Son grand amour était Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour. Elle était son amante, mais aussi sa partenaire dans la bataille. Elle était également la mère des deux fils qui accompagnaient toujours le dieu Arès dans ses travaux : Deimos, esprit de terreur, et Phobos, personnification de la peur.

Ares et les géants

Le mythe d’Arès raconte que ce dieu, dès son plus jeune âge, était attiré par la violence et la guerre. Parfois, il provoquait des batailles juste pour le plaisir, ce qui le rendait odieux aux yeux de tous. Parmi ceux qui le détestaient, il y avait deux géants nommés Otus et Ephialtes, également connus sous le nom d’Aloadae.

Ares avait déclenché une bataille qui a détruit les récoltes des géants. Ils ont donc décidé de le poursuivre et ont comploté pour le capturer. Après avoir fait cela, ils l’ont emprisonné dans une jarre de bronze pendant une année lunaire, c’est-à-dire pendant 13 mois.

Les autres dieux ne sont pas très intéressés par l’affaire, mais les géants, encouragés par leur triomphe, menacent d’attaquer l’Olympe. Ils voulaient Artémis comme épouse pour Otus et Héra pour Ephialtès. Les déesses ont élaboré un plan. Artémis dit qu’elle va épouser Otus, ce qui suscite la jalousie de son frère et provoque une querelle.

Profitant de la situation, Artémis se transforme en biche et s’échappe. Les frères lui ont tiré des flèches pour la blesser, mais elle a reculé et les géants ont fini par s’entretuer. Pendant ce temps, Hermès, frère d’Arès, l’a sorti du coffre de bronze.

Un guerrier sensible

Malgré son goût pour la violence, le mythe d’Arès comporte aussi des épisodes dans lesquels ce dieu montre son côté plus fragile. En fait, à plusieurs reprises, il a été vaincu et humilié publiquement. Avec sa sœur, Athéna, il connaît plusieurs défaites, ainsi qu’avec Hercule, ou Héraclès.

Pendant la guerre de Troie, précisément, il a affronté Athéna et celle-ci l’a blessé en lui jetant une pierre à la tête. On dit qu’Ares a poussé un cri de douleur si profond que tout le monde l’a entendu malgré le vacarme de la bataille.

De même, lorsque Zeus lui annonce la mort de son fils Ascalaphus, le dieu de la guerre s’abandonne à de profondes larmes. Il a également affronté tout et tous pour défendre sa fille Alcipe. Tel était ce dieu, agressif et en même temps innocent. Sa bellicosité est née davantage d’un désir de querelle et de compétition que de la haine ou du désir de mort.