Endométriose : ce que c’est, ses causes, ses symptômes et ses traitements

L’endométriose est un problème relativement courant chez les femmes. Elle se manifeste peu après les premières menstruations, mais est généralement diagnostiquée à l’âge adulte, entre 20 et 30 ans, et peut affecter la fertilité féminine. Par conséquent, lorsqu’elle essaie de tomber enceinte sans succès, la femme commence souvent à enquêter et à découvrir la maladie. Environ 50 femmes atteintes d’endométriose sont infertiles.

Une gynécologue et obstétricienne explique qu’il s’agit d’une maladie chronique dans laquelle l’endomètre (couche qui tapisse l’intérieur de l’utérus et qui est éliminée lors des menstruations) adhère à un autre endroit. « Les sites les plus fréquemment touchés par la maladie sont : la région rétrocervicale, le péritoine, les trompes utérines, les ligaments sacrés de l’utérus, les ovaires, l’intestin et la vessie. »

Types d’endométriose

L’endométriose peut être classée en 5 types, et cette classification se fait sur la base d’une somme de points que le médecin doit faire.

En général, la gynécologue et obstétricienne explique que l’endométriose peut être superficielle ou profonde. Dans les cas superficiels, les lésions sont petites et n’entraînent pas de modifications anatomiques des organes de la région pelvienne. Si elle affecte plus de 5 mm d’un organe et provoque des déformations de ces organes, elle est considérée comme profonde.

Endométriose superficielle : elle affecte généralement le péritoine, qui est un tissu qui entoure les organes de la cavité abdominale et pelvienne.

Endométriose ovarienne : c’est celle qui affecte les ovaires, généralement causée par la formation de kystes.

Endométriose profonde : elle se produit lorsque les foyers de la maladie atteignent la paroi d’un organe d’une taille supérieure à 5 mm. Selon la gravité, une intervention chirurgicale immédiate peut être nécessaire.

Endométriose de la paroi : elle affecte la paroi abdominale, formant des nodules qui provoquent généralement une gêne plus importante pendant les règles.

Endométriose pulmonaire : il s’agit d’un type rare dans lequel le tissu endométrial atteint la région pulmonaire via la circulation sanguine.

Causes

Les causes de l’endométriose ne sont pas encore totalement comprises. Les raisons pour lesquelles les cellules endométriales se développent en dehors de l’utérus sont inconnues.

Selon la gynécologue, plusieurs théories peuvent expliquer les causes de l’endométriose : facteurs génétiques, facteurs hormonaux, dissémination des cellules par le système lymphatique, restes de cellules embryonnaires, entre autres. “La théorie la plus acceptée est celle de la menstruation rétrograde. Dans cette situation, le sang qui reflue dans les trompes utérines pendant les menstruations s’implante aux endroits mentionnés”.

Menstruation rétrograde : se produit lorsque le sang des menstruations reflue dans la cavité pelvienne à travers les trompes de Fallope. Ces cellules endométriales se déposent sur les parois des organes de la région pelvienne et commencent à se développer.

Croissance des cellules embryonnaires : certaines cellules tapissant l’abdomen et les cavités pelviennes peuvent se transformer en tissu endométrial, ce qui déclenche la maladie.

Système immunitaire déficient : des déficiences du système immunitaire peuvent rendre l’organisme incapable de reconnaître et de détruire les cellules endométriales qui se développent au mauvais endroit.

Symptômes

Ils peuvent être multiples et liés à la localisation des maladies, chroniques ou périodiques, ou totalement absentes dans les formes asymptomatiques, et leur intensité n’est pas révélatrice de la gravité des lésions.

La gynécologue cite les symptômes les plus courants : crampes menstruelles intenses, progressives et invalidantes, douleurs lors des rapports sexuels et infertilité. “Certaines femmes présentent également des altérations urinaires (douleurs à la miction pendant les règles) et intestinales (douleurs à l’évacuation, présence de mucus ou de sang dans les selles pendant les règles).”

Découvrez les symptômes les plus fréquents :

  • Infertilité
  • Fatigue
  • Diarrhée
  • Douleur pendant les rapports sexuels
  • Douleur pendant la période menstruelle
  • Douleur en urinant ou en déféquant
  • Des douleurs ou des crampes dans le bas de l’abdomen qui peuvent survenir pendant une semaine ou deux avant les menstruations, de façon cyclique.

La douleur : un symptôme ?

Le symptôme le plus courant de l’endométriose (retrouvé chez 50 à 9O % des femmes selon les études) est la douleur,  règles douloureuses (dysménorrhée), douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), douleurs pelviennes fréquentes, défécation douloureuse, difficulté pour uriner (dysurie), abdominales (ombilicales), douleurs pelviennes pouvant irradier jusque dans la jambe (cruralgie).

Cette douleur n’est généralement pas une dysménorrhée primaire qui passe avec du paracétamol. Il s’agit, dans la majorité des cas, d’une douleur invalidante entraînant une incapacité totale ou partielle pendant quelques jours, voire, pour les cas les plus sévères, permanente, et nécessitant le recours à des antalgiques puissants et même morphiniques.

La douleur gynécologique est le symptôme le plus explicite de l’endométriose

Il paraît alors incompréhensible que des patientes souffrant de douleurs pelviennes handicapantes depuis leurs premières règles soient diagnostiquées au bout de sept années en moyenne.

La douleur liée à l’endométriose peut être continue ou ponctuelle, fonction de la localisation des lésions et des adhérences. Liée au cycle, elle se manifeste souvent de manière plus aiguë au moment de l’ovulation ou des règles.

Pour certaines, ce sera l’incapacité de mener une vie normale, professionnelle, familiale et intime, que ce soit pour quelques jours ou durablement. Pour d’autres, ce sera l’incapacité de faire un effort physique, que ce soit soulever son sac de courses ou tout simplement tenir debout.

Pour d’autres encore, ce sera une douleur telle qu’elle provoquera des pertes de connaissance et des vomissements. Pour celles-ci, il sera impossible de rester longtemps dans une même position et en changer sera tout aussi douloureux que la conserver. Pour celles-là, il faudra recourir à des médicaments antidouleur, comme les morphiniques, qui leur apporteront un répit, dès lors qu’elles n’y seront pas accoutumées, en échange d’effets secondaires redoutables.

Pour beaucoup, la pire des prisons, celle où l’esprit n’est plus que douleur dans un corps douloureux. Celle où on espère et redoute l’instant qui vient. Où on est prête à tout essayer, du remède miracle au gourou, pour échapper à la douleur.

Diagnostic de l’endométriose

Un diagnostic précoce et des soins adaptés sont les moyens de traiter les douleurs et une infertilité. L’objectif est d’interrompre la progression et l’aggravation de la maladie par la destruction des foyers d’endométriose.

Les étapes du diagnostic

Un entretien avec votre médecin constitue la base du diagnostic. L’examen gynécologique et une échographie servent à :

  • Identifier d’éventuels kystes d’endométriose siégeant sur les ovaires
  • Suspecter des foyers d’endométriose dans la cavité abdominale.

Dans certains cas, l’imagerie par résonance magnétique nucléaire peut aider au diagnostic.

Cependant, une échographie et une résonance magnétique normales n’excluent pas la présence de la maladie.

La laparoscopie

La méthode la plus fiable est l’examen de la cavité abdominale à l’aide d’un endoscope. Ce tube est muni d’un objectif et d’une source de lumière afin d’observer la cavité abdominale et les organes internes en vision panoramique.

Cet examen, appelé laparoscopie, est le seul qui objective la maladie. Il s’agit d’une intervention réalisée sous anesthésie générale. Trois petites incisions cutanées sont réalisées: une dans le nombril et deux au niveau du bas ventre. Le médecin introduit dans le nombril l’endoscope. A l’aide de fins instruments passants dans le bas ventre, il prélève soigneusement des échantillons de tissu qui sont ensuite analysés au microscope pour confirmer le diagnostic.

Les examens d’imagerie médicale en cas d’endométriose

  • Une échographie pelvienne ou endovaginale permettra de localiser des kystes d’endométrioses hors de l’utérus. Elle permet également d’explorer l’espace situé en avant de l’utérus et l’aire rétrocervicale.
  • Une hystérosalpingographie (radiographie de l’utérus et des trompes après injection d’un produit de contraste) permet éventuellement de rechercher des signes indirects de l’adénomyose (forme d’endométriose où les cellules endométriales ont migré à l’intérieur du muscle utérin lui-même) ou permet d’évaluer les problèmes de perméabilité des trompes de l’utérus (qui peuvent être obstruées) ;
  • Echographie endorectale : réalisation d’une échographie pelvienne à l’aide d’une sonde fine qui est introduite dans le rectum. Cet examen est réservé à l’exploration des lésions d’endométriose profonde qui pourraient concerner le rectum, jusqu’à 25 cm au-dessus de l’anus.
  • L’imagerie par résonance magnétique (IRM) se révèle très fiable et même plus précis que l’échographie. Avec un cahier des charges précis, l’IRM permet de réaliser une cartographie précise des lésions d’endométriose sous-péritonéales profondes.
  • Exploration des voies urinaires : bilan urodynamique, urographie, en cas de suspicion de lésions sous-péritonéales profondes volumineuses.

Traitement

Il existe deux types de traitement de l’endométriose : clinique ou chirurgical. Le médecin indiquera la plus appropriée en fonction de l’âge de la patiente, de la gravité de la maladie et de son désir ou non de tomber enceinte.

Médicaments

Dans le traitement clinique, on peut utiliser des anti-inflammatoires et des hormones comme les contraceptifs et le stérilet hormonal.

Chirurgie

La laparoscopie est la voie chirurgicale la plus courante, et elle permet d’enlever tous les foyers. “La chirurgie par laparoscopie est indiquée en cas d’échec du traitement clinique (la patiente ne présente pas d’amélioration du tableau des douleurs) ou lorsque l’endométriose affecte des organes tels que l’intestin ou la vessie”, explique Kelly. Dans certains cas, une hystérectomie (ablation de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires) peut également être indiquée.

Seul le médecin, en collaboration avec le patient, peut décider du traitement approprié à chaque cas.

L’endométriose est incurable. L’hormonothérapie et la laparoscopie peuvent soulager les symptômes pendant plusieurs années. L’hystérectomie est la meilleure possibilité de guérison, mais la maladie peut toujours revenir.

Vivre avec l’endométriose

Pour bien vivre avec l’endométriose, il est nécessaire de traiter les symptômes physiques et émotionnels de la maladie.

La gynécologue souligne que l’endométriose entraîne une usure physique et émotionnelle chez les femmes touchées par cette maladie. “Leurs relations interpersonnelles et professionnelles peuvent être endommagées. Ainsi, de nombreuses femmes présentent des symptômes anxieux et dépressifs.”

Pour soulager les symptômes physiques et émotionnels, il faut les encourager à pratiquer des exercices physiques, l’acupuncture et à avoir une alimentation équilibrée.

Les symptômes émotionnels peuvent être plus intenses si la femme souhaite avoir des enfants. Cependant, l’endométriose n’empêche pas une femme de devenir enceinte. Après les premières semaines de grossesse, il peut être nécessaire de donner un supplément de progestérone pour éviter une fausse couche, mais la grossesse se déroulera normalement, sous surveillance médicale.

Facteurs de risque

Certaines conditions peuvent favoriser l’apparition de l’endométriose. “Les facteurs de risque de l’endométriose sont :

– Les ménarches précoces, la ménopause tardive, la nulliparité (le fait de n’avoir jamais été enceinte) et les cycles menstruels courts.

– Ménarche précoce : le fait d’avoir ses règles trop tôt peut être un facteur de risque pour l’apparition de l’endométriose.

– Ménopause tardive : de même, une ménopause tardive peut également favoriser la maladie.

– Nulliparité : les femmes qui n’ont jamais été enceintes sont plus susceptibles d’être atteintes de la maladie.

– Cycles menstruels courts : les cycles menstruels qui ne durent que quelques jours constituent également un facteur de risque.

Complications

Les complications les plus courantes de l’endométriose sont l’infertilité et le cancer des ovaires. Cependant, d’autres complications peuvent survenir.

Le patient peut présenter, par exemple, une occlusion intestinale en fonction de la taille de la lésion qui affecte l’intestin.

  • Infertilité
  • Cancer de l’ovaire
  • Douleur pelvienne chronique
  • Grands kystes dans le bassin
  • Obstructions dans les voies gastro-intestinales ou urinaires

Bien que l’endométriose ne se guérisse pas, il est possible d’obtenir des résultats très satisfaisants avec des traitements, qui peuvent soulager partiellement ou même complètement les symptômes pendant plusieurs années. Par conséquent, il faut toujours consulter un médecin au moindre signe qui pourrait indiquer la maladie.