Claude Covassi

Claude Covassi, ex-officier du renseignement intérieur suisse (Service d’Analyse et de Prévention, SAP) est décédé vendredi 8 février à l’âge de 42 ans d’une mort mystérieuse. L’ancien infiltré repenti et converti à l’islam était connu pour avoir dénoncé les pratiques illégales des services de renseignement suisses visant à accuser un innocent d’être impliqué dans des réseaux djihadistes.
Mission d’infiltration de Claude Covassi au Centre Islamique de Genève

Claude Covassi, avait activement participé à l’opération « Memphis » qui avait pour objectif d’infiltrer le Centre Islamique de Genève. Cette mission lancée par le Service d’Analyse et de Prévention visait à déceler d’éventuels liens entre des « réseaux islamistes » et  le Centre Islamique de Genève, ainsi qu’une éventuelle implication de son directeur, Hani Ramadan.

Cependant, les consignes données par les services de renseignement pour parvenir à cet objectif, n’étaient pas du goût de l’ex-infiltré. Claude Covassi a confié qu’il lui avait était demandé d’impliquer Hani Ramadan dans un réseau de combattants en Irak. Les renseignements suisses lui ont demandé entre autre, d’enregistrer le manuel d’Al Qaida dans l’ordinateur du CIG. Ils lui ont aussi demandé de placer des lettres de jihadistes dans le dossier de Hani Ramadan. La finalité, était qu’au moment voulu, la police puisse trouver toutes sortes de preuves afin d’accuser Hani Ramadan de cette implication.

Le 12 décembre 2006, soit environ deux ans plus tard, l’ex-infiltré est reçu par la Commission de gestion chargée des questions de renseignement, avec des preuves, et des enregistrements à l’appui.
Claude Covassi, touchée d’une mort mystérieuse, s’était sincèrement converti  à l’islam

Après avoir dénoncé les pratiques illégales du département fédéral judiciaire, Claude Covassi a été menacé, puis traqué par les services secrets. Il fuit alors la Suisse. Ses accusations ont d’ailleurs été réfutées et beaucoup de zones d’ombre persistent dans l’affaire. Au cours, de l’enquête, des documents dont des preuves, et des enregistrements fournis par l’ex-infiltré ont été volés et ce, à plusieurs reprises.

Les motivations qui ont poussé Claude Covassi à dénoncer ces filatures sont d’ordre moral : l’agent n’acceptait pas de devoir impliquer un homme innocent dans des réseaux de combattants à l’étranger. Il s’est d’ailleurs lié d’amitié avec cet homme, Hani Ramadan. Il dénonce l’obsession constante des services de renseignement qui subsistait sur sa personne, alors qu’il n’a rien à voir avec des réseaux djihadistes.

Claude Covassi, s’était dans un premier temps converti à l’islam pour infiltrer le Centre Islamique de Genève, et être au plus prêt de son directeur. Une conversion qui s’est ensuite avérer être sincère comme le confirme ces propos de Hani Ramadan dans une ancienne interview : « … Il s’est repenti. L’Islam accorde le pardon. Aujourd’hui, il agit en bon musulman. Il a un discours nuancé. Je crois que c’est pour cela qu’il veut parler. »

Selon les déclarations des autorités du pays, la mort de Claude Covassi semble accidentelle, sans que trop de détails soient fournis sur ces circonstances. Une enquête est menée par le Ministère public de Genève sur  sa mort.